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La « réinsertion » par le logement est-elle possible pour toutes les personnes à la rue ?

publié le 14 avr. 2015 à 00:49 par CEHD_Wallonie Centre d'Etudes en Habitat Durable   [ mis à jour : 16 avr. 2015 à 00:22 ]

Séminaire présenté par Lionel SAPORITI, Université de Strasbourg.

Ancrée dans une tradition ethnosociologique et dans une perspective compréhensive, nous analysons les conditions d’existence d’hommes « sans domicile » vivant dans la rue hors des circuits d’assistance depuis au moins une dizaine d’années. Soulignons immédiatement que cela implique de mettre en perspective l’expression « sans domicile » dans la mesure où ces hommes possèdent tous un squat. De fait ils sont « sans domicile » au vue des critères juridico administratifs, mais non sans lieu fixe où se replier la nuit et  auquel pouvoir encore s’identifier.


Pour réaliser cette thèse nous avons recueilli dans la durée grâce à la méthode biographique sur leur lieu de vie, les témoignages de ces hommes qui nourrissent le paradigme sur la grande « exclusion », celui-là même les présentant sous l’angle d’ « individualité négative » (Castel, 1995) faisant d’eux des « inutiles au monde » (ibidem) fréquemment présentés comme des êtres « désocialisés », rétifs à toutes action sociales, et sous l’emprise d’une pathologie psychique expliquant leur situation d’(auto) « exclusion ». Il s’agit de mettre en perspective ces représentations, et même de les briser pour mieux saisir les tenants mais surtout les aboutissants de telles existences, et pour mieux montrer toutes les logiques en action afin de survivre dans ces conditions d’existence infrahumaines et aux effets du déclassement portés par ce phénomène de régression sociale. In fine il existe pour ces individus, une renégociation identitaire de survie, celle-là même qui les fait tenir depuis des années dans la rue, hors de toute aide dispensée par le travail social.

Il s‘agira ainsi à travers ce séminaire de questionner la pertinence du « logement d’abord » comme outil central de réinsertion pour ces personnes. Surtout au regard d’une de nos découvertes de terrain, celle où certains possédant un logement depuis des années, ne l’investissaient guère voire très peu pour préférer vivre dans la rue. Outre la présence d’une pathologique caractéristique de ces hommes, qu’est-ce qui fait qu’ils demeurent dans la rue ? Quels en sont les raisons dissimulées ? Tout espoir de « réinsertion » est-il vain pour ces individus ? Le travail social doit-il revoir ces manières d’appréhender ce type de population ?

La séance aura lieu le lundi 1er juin de 9h30 à 11h30 à l’adresse suivante :

Centre d’Etudes en Habitat Durable

Rue de Turenne, 2

6000 Charleroi

Pour faciliter l’organisation du séminaire, merci de vous inscrire avant le mercredi 27 mai, en envoyant un email à notre secrétaire Alexandra Boucher : alexandra.boucher@cehd.be